Eh bien ! monsieur Lenoir, quand je vous disais que nos pauvres rois reviendraient un jour à SaintDenis, m'étaisje trompé . En effet, ce jourlà on enterrait Louis XVIII avec le même cérémonial que le gardien des tombeaux avait vu pratiquer trente ans auparavant. Expliquez cellelà, docteur.IX LES TOMBEAUX DE SAINTDENIS. 92Page 96 X L'ARTIFAILLe,Soit qu'il fût convaincu, soit, ce qui est plus probable, que la négation lui parût difficile visàvis d'un homme comme le chevalier Lenoir, le docteur se tut. Le silence du docteur laissait le champ libre aux commentateurs . l'abbé Moulle s'élança dans l'arène, Tout ceci me confirme dans mon système, ditil. sac vanessa bruno reproduction images Et quel est votre système . demanda le docteur, enchanté de reprendre la polémique avec de moins rudes jouteurs que M. Ledru et le chevalier Lenoir.Que nous vivons entre deux mondes invisibles, peuplés, l'un d'esprits infernaux, l'autre d'esprits célestes . qu'à l'heure de notre naissance deux génies, l'un bon, l'autre mauvais, viennent prendre place à nos côtés, nous accompagnent toute notre vie, l'un nous soufflant le bien, l'autre le mal, et qu'à l'heure de notre mort celui qui triomphe s'empare de nous . ainsi, notre corps devient ou la proie d'un démon ou la demeure d'un ange . chez la pauvre Solange, le bon génie avait triomphé, et c'était lui qui vous disait adieu, Ledru, par les lèvres muettes de la jeune martyre, chez le brigand condamné par le juge écossais, c'était le démon qui était resté maître de la place, et c'est lui qui venait successivement au juge sous la forme d'un chat, dans l'habit d'un huissier, avec l'apparence d'un squelette . trousse vanessa bruno pas cher enfin, dans le dernier cas, c'est l'ange de la monarchie qui a vengé sur le sacrilège la terrible profanation des tombeaux, et qui, comme le Christ se manifestant aux humbles, a montré la restauration future de la royauté à un pauvre gardien de tombeaux, et cela avec autant de pompe que si la cérémonie fantastique avait eu pour témoins tous les futurs dignitaires de la cour de Louis XVIII.Mais enfin, monsieur l'abbé, dit le docteur, tout système est fondé sur une conviction. Sans doute,Mais cette conviction, pour qu'elle soit réelle, il faut qu'elle repose sur un fait.C'est aussi sur un fait que la mienne repose,Sur un fait qui vous a été raconté par quelqu'un en qui vous avez toute confiance,Sur un fait qui m'est arrivé à moimême,Ah ! l'abbé . voyons le fait.X L'ARTIFAILLe, 93Page 97 Les mille et un fantomesVolontiers. Je suis né sur cette partie de l'héritage des anciens rois qu'on appelle aujourd'hui le département de l'Aisne, et qu'on appelait autrefois l'IledeFrance . sac vanessa bruno zalando mon père et ma mère habitaient un petit village situé au milieu de la forêt de VillersCotterets, et qu'on appelle Fleury. Avant ma naissance, mes parents avaient déjà eu cinq enfants, trois garçons et deux filles, qui, tous, étaient morts. Il en résulta que, lorsque ma mère se vit enceinte de moi, elle me voua au blanc jusqu'à l'âge de sept ans, et mon père promit un pèlerinage à NotreDamedeLiesse, Ces deux voeux ne sont point rares en province, et ils avaient entre eux une relation directe, puisque le blanc est la couleur de la Vierge, et que NotreDamedeLiesse n'est autre que la vierge Marie, Malheureusement, mon père mourut pendant la grossesse de ma mère . mais ma mère, qui était une femme pieuse, ne résolut pas moins d'accomplir le double voeu dans toute sa rigueur . aussitôt ma naissance, je fus habillé de blanc des pieds à la tête, et, aussitôt qu'elle put marcher, ma mère entreprit à pied, comme il avait été voté, le pèlerinage sacré. NotreDamedeLiesse, heureusement, n'était située qu'à quinze ou seize lieues du village de Fleury . en trois étapes, ma mère fut rendue à destination.